The ‘retire-a-little’ Program ou comment prendre sa retraite…le mercredi !

Selon une étude ISPOS de 2011, les français rêvent de la retraite mais ne la préparent pas. Ainsi, un Français sur trois avoue ne pas connaitre le montant qui lui sera versé, beaucoup le surestime, tout en craignant de ne pas pouvoir bénéficier de ce qui est prévu aujourd’hui. Parallèlement à cette préoccupation liée aux finances, la retraite renvoie aussi à l’angoisse de vieillir et aux problèmes de santé. Mais c’est aussi une perspective attendue, offrant de nouvelles libertés : 92% des français envisagent de conserver les loisirs qu’ils pratiquent actuellement et 22% de se lancer dans un projet qui leur tient à cœur.

 

La retraite hebdomadaire : la nouvelle innovation de SEMCO !

Face à ces constats, similaires outre-Atlantique, la  ‘désormais célèbre- et fétiche pour nous’  entreprise humaniste, SEMCO,  s’est proposé de répondre à ces maux lors des « Are you Nuts ? Meeting *»  et a demandé à ses salariés de réfléchir : Que pourraient-ils faire durant leur retraite, comment la préparer et en avoir un aperçu ?
(*Etes-vous fou ? une fois par mois, les salariés qui le souhaitent réfléchissent aux possibilités de changement et d’amélioration de leurs modes de fonctionnement)

Ainsi Ricardo SEMLER, l’atypique patron, et son équipe ont signé une nouvelle innovation managériale. Déjà habitués aux lancements d’idées révolutionnaires -voire farfelues pour certaines- comme la rémunération libre (c’est le salarié qui fixe le montant de sa rémunération), l’équipe s’est penchée sur le thème de la transmission des connaissances intergénérationnelles et de la retraite.

En effet, si nous passons 35 à 40% de notre vie au travail, à une période où notre santé est bonne et notre portefeuille rempli,  nous avons encore 35 à 40% de temps à passer en ‘retraite’.

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Partant de ce constat, les employés de SEMCO ont imaginé un programme associant le thème de la retraite et de l’organisation hebdomadaire du temps de travail. L’idée est de profiter, partiellement mais pleinement, de sa retraite pendant sa vie professionnelle.

 

Principe : Le salarié peut «racheter» son mercredi, pour seulement 10% de son salaire et à condition de 2 ans d’ancienneté : ce temps libre permet de tester puis de se consacrer à des activités qu’il pourra développer lors sa retraite. En échange, il reçoit un coupon,  correspondant au nombre de mercredi accumulés, échangeable après son départ en retraite. Il devra alors revenir travailler deux demi-journées par semaine jusqu’à compenser la valeur de celui-ci… mais il peut également choisir de ne finalement pas le faire, moyennant une baisse de sa retraite.
L’intérêt supplémentaire de l’idée c’est que ce coupon est valable dans plusieurs entreprises, partenaires du programme, ce qui laisse la liberté au « retraité à temps partiel » de changer d’environnement.

La mise en place d’un tel programme génère, certes, un effort sur l’organisation et la gestion des ressources humaines, mais il permet aussi un rééquilibrage en termes de masse salariale (au bout de 10 participants, on peut faire un recrutement).

 

Par ailleurs, en termes managériaux, les avantages de cette innovation sont  nombreux :

  Une meilleure satisfaction entraine une plus grande productivité : Les salariés se sentent plus heureux et dévoués envers l’entreprise… même pendant leur retraite. Ce programme contribue fortement à l’engagement des collaborateurs sur le long-terme.

  Moins de conflits générationnels : Ce programme répond à la question de la transmission des connaissances et de l’entraide générationnelle.

 Une transition douce entre vie professionnelle et retraite : L’entreprise évite d’avoir des salariés qui « attendent » la retraite et c’est, pour le salarié, une perspective de continuité d’activité contributive et valorisante.

 

Ceci dit, l’entreprise doit anticiper, prendre des précautions et bien se préparer à ce type de programme.

En effet, il génère, pour les managers, un travail supplémentaire de gestion d’équipe. Ils sont, du coup, parfois résistants à l’idée d’un programme chronophage, qui peut freiner l’atteinte de leurs objectifs quotidiens en désorganisant leur service.

Par ailleurs, sa mise en place nécessite, au préalable, d’ouvrir le débat et de rester flexible quant aux modalités liées au programme. Les salariés doivent se sentir libres de leurs choix et du contenu de leur temps libre. Ensuite il s’agit d’expérimenter l’outil, sans rigidité, en laissant ouvertes les négociations et les évolutions.

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Et attention aux surprises ! L’entreprise et le salarié ont tendance à surestimer la place des activités « extraordinaires » (sport extrême, voyage…). Il s’avère que la plupart des personnes profitent de ce temps pour lire, faire du sport ou aller tout simplement au cinéma !

 

Photo © Gerald Holdsworth

 

Néanmoins, cette pause améliore les conditions de travail et répond à des problématiques plus profondes pour l’entreprise et ses participants.

Au-delà de cela, le programme apporte une réelle solution en termes de développement personnel. L’équilibre entre vie privée et vie professionnelle est souvent compliqué. L’avantage de cette « retraite hebdomadaire » est son degré de liberté : faites ce que vous voulez, quand vous voulez. Votre entreprise est bienveillante et vous prépare à mieux vous connaître en appréhendant plus sereinement l’étape de la retraite !

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